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  • Tricoteuses & Pétroleuses

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     " Je veux dire la haine farouche, furieuse, grossière, des gens de l'Ordre : la Mégère , la Pétroleuse , le Monstre à face humaine , tels sont les noms que plusieurs générations de bourgeois ont mis à coté de son nom ".

    Henri Barbusse à propos de la communarde Louise Michel.

    Tricoteuses et pétroleuses - et leurs variantes - sont des figures négatives et fantasmées de la femme publique et constitue un modèle standard du fanatisme et de la furie populaire associés à la gauche :

    « Mais ordinairement, quand le despotisme populaire ne s’exerce que sur la minorité royaliste, elle laisse opprimer ses adversaires et ne se croit pas atteinte par les violences qui assaillent le côté droit : ce sont des ennemis, on peut les livrer aux bêtes. Là-dessus, le côté gauche a pris ses dispositions ; son fanatisme n’a pas de scrupules ; il s’agit des principes, de la vérité absolue ; à tout prix, il faut qu’elle triomphe. D’ailleurs peut-on hésiter à recourir au peuple dans la cause du peuple ? Un peu de contrainte aidera le bon droit (....) »

     

    Tricoteuse
    Révolution française

    den49_lesueur_001i.jpgLa tricoteuse est l'image répulsive de la femme du peuple qui suit les débats des assemblées de  la Révolution française. Bien avant,  le terme de "tricoteuse" est déjà employé comme insulte par les femmes du peuple parmi d'autres ayant rapport à la prostitution. Ce n'est qu'assez tardivement, en 1794-1795, au moment d'affrontement très dur entre les sans culottes et les modérés et dans lequel les femmes jouent un rôle primordial que se précise l'image des tricoteuses qui,  assimilées aux « Jacobines » ou aux « habituées des tribunes », seront associées au sang et à la mort.

    La tricoteuse est décrite le plus souvent en groupe de harpies, tricotant et apostrophant les législateurs d'une voix aigre ou enrouée durant les séances de la Convention; tricotant encore derrière la charrette des condamnées à mort qu'elle accompagne à l'échafaud - tricotant toujours - au  pied de la guillotine. Et si elle interrompt un instant son ouvrage, c'est  pour mieux tremper son mouchoir dans le sang du guillotiné - quand elle ne se venge pas sur son cadavre, comme Aspasie Carlemigelli que l'on dit avoir foulé aux pieds le député Féraud.

    Lacretelle (1766-1855), dans Dix ans d'épreuves, décrit ainsi, dans les premiers mois de 1790, sa vision des mégères associées à une populace stipendiée.

    « C’était vers minuit, et sous les pluies, les frimas, les neiges et un froid piquant, que nous allions près de l’église des Feuillants retenir des places pour les tribunes de l’Assemblée que nous ne devions occuper qu’à midi le jour suivant. Il fallait de plus les disputer à une foule qu’animaient des passions et même des intérêts fort différents des nôtres. Car nous ne tardâmes pas à nous apercevoir qu’une grande partie des tribunes était salariée et que les scènes cruelles qui faisaient notre désolation faisaient leur joie. Je ne puis dire quelle était mon horreur, lorsque j’entendais ces femmes, que depuis l’on a appelées tricoteuses, savourer les doctrines déjà homicides de Robespierre, se délecter de sa voix aigre, et couver des yeux sa laide figure, type vivant de l’envie. » 

    Tricoter, passe encore, mais chez soi, sous le toit familial. Dans l'espace public le  tricot est  perçu sous l'angle de ses aiguilles qui sont des armes à peine dissimulées.
    « Je ne connais que la déesse de la Raison dont les couches, hâtées par des adultères, aient eu lieu dans les danses de la mort. Il tombait de ses flancs publics des reptiles immondes qui ballaient à l'instant même avec les tricoteuses autour de l'échafaud, au son du coutelas, remontant et redescendant, refrain de la danse diabolique.»   Chateaubriand - Mémoires d'Outre-tombe.

    > " La « Tricoteuse » : formation d’un mythe contre-révolutionnaire". Par Dominique Godineau, CERHIO UMR 6258 Université de Rennes II (sur le site http://revolution-francaise.net/ )

    > " Les tricoteuses pendant la Révolution française". Par Charlotte Denoël, sur le site "l'Histoire par l'image"

    > " Le féminisme pendant la Révolution française"  L. Devance  Annales historiques de la Révolution française - 1977

    Pétroleuse
    Commune de Paris

    til9_lix_001i.jpgUn siècle plus tard, à peine, La pétroleuse, est le nom donné par la bourgeoisie et les journaux versaillais aux femmes du peuple qui, dans les derniers jours de la Commune de Paris, durant la " Semaine sanglante", auraient  allumé des incendies : celui des Tuileries, de l'Hôtel de ville, de la Cour des comptes, du Palais Royal.  Incendies des symboles du Pouvoir qui équivaut pour la bourgeoisie à l'incendie du Pouvoir.

    L’imagerie anticommunarde colporte rapidement dans la presse  le mythe de la rouge incendiaire munie de  sa  "boîte " ou de sa " bouteille" de pétrole. Dans l'imaginaire français rien n'est pire qu'une femme révolutionnaire, qu'une femme qui s'écarte du droit chemin de la conservation de l'ordre établi, de la perpétuation de l'espèce et de l'éducation des enfants.

    La "Pétroleuse", descendante de la "Tricoteuse", est encore un fantasme misogyne, mais les femmes qui seront accusés d'être des pétroleuses en paieront le prix fort en étant déportées - voire fusillées sur le champ.

    >"Le mythe de la Pétroleuse". Par Bertrand Tillier, le site l'Histoire par l'image.

    >  "On les disait " pétroleuses". Par François Bodinaux, Dominique Plasman, Michèle Ribourdouille. ( format PDF

    Dessin de Cham dans Les folies de la Commune

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    - Je faisais sortir les locataires avant.
    - Moi pas, c'était plus animé

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     - M'sieu, vous ne pourriez-pas me donner un peu de pétrole ? Papa qu'était gris, a bu celui qu'on m'avait donné pour mettre le feu.

     

  • Quel terroriste ?

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    Interview de JulienCoupat  dans l'Obs. Voir sur http://pastebin.com/nsamq18B

    - Rémi Fraisse, le jeune manifestant mort en octobre dernier lors des manifestations contre le barrage de Sivens, est le premier manifestant tué par les forces de l’ordre depuis trente ans en France. Quel regard portez-vous sur cet événement ?

     - Julien Coupat : Précisément : seul un régime de gauche pouvait tuer un manifestant, mentir des jours durant sur les circonstances de sa mort, pour finalement expulser ses camarades de lutte grâce aux gros bras de la FNSEA, et tout cela sans déclencher une révolte de masse.
    Néanmoins, les manifestations qui ont répondu au meurtre de Rémi Fraisse, notamment à Toulouse et à Nantes, avaient de quoi inquiéter grandement le gouvernement, qui n'en a rien laissé paraître et s'est attaché à en minimiser à la fois l'étendue et la portée. Car dans la rue, ces jours-là, ce qui s'est exprimé n'était pas quelque obsession groupusculaire contre la police, mais bel et bien une rage diffuse. C'était alors toute la foule des centres-villes du samedi après-midi qui clamait d'une seule voix « tout le monde déteste la police ». C'étaient des grands-mères qui cognaient à coup de sac à main sur les véhicules sérigraphiés. C'étaient des pères de famille qui bravaient les CRS. C'étaient des passants qui, toute crainte bue, chargeaient la BAC.
    Cet automne-là, qui fut aussi celui de Ferguson, le divorce entre police et population a atteint son comble. On ne comprend rien à la façon dont le gouvernement a géré la réponse aux attentats de janvier si on ne la comprend pas stratégiquement, comme réaction calculée à cette situation d'extrême dissensus. Depuis lors, il paraît que la police serait là pour nous protéger. On ne fait jamais l' « union nationale » que contre un ennemi intérieur, et en vérité rarement contre celui que l'on désigne. La suite l'a assez prouvé.
  • “L’environnement, on n’en a rien à faire…”

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    La FDSEA 29 réécrit le SDAGE Loire Bretagne

    par Marc Laimé.

    3992716853.pngM. Thierry Merret, président de la fédération départementale du syndicat agricole majoritaire du Finistère, pourfendeur enragé depuis des lustres de toute réglementation environnementale vient d’adresser une lettre-circulaire à tous les maires de son département, dans laquelle il leur demande tout bonnement de faire adopter une motion par leur conseil municipal aux fins de faire pression sur l’Agence de l’eau et le comité de bassin, et d’ôter au SDAGE en cours d’examen toute ambition environnementale.

    La démarche traduit bien l’actuel rapport de forces entre les tenants d’un modèle agricole productiviste, un gouvernement qui leur a tout cédé, et une société désarmée, qui ne peut que constater les dégâts…

    Elle éclaire par ailleurs d’un jour cru l’inanité des palinodies par lesquelles nombre d’acteurs continuent à porter aux nues le fameux modèle de “gouvernance partagée” qu’incarneraient Agences et Comités de bassin.

    Une plaisanterie à laquelle la FDSEA 29 vient à nouveau à sa façon d’apporter une réponse dénuée de toute ambiguïté : “L’environnement, on n’en a rien à faire…”

     

    > le blog : Les eaux glacés du calcul égoïste
    Marc Laimé est journaliste spécialisé et conseil sur les politiques publiques de l’eau auprès de collectivités locales.
    > Carnets d’eau, Les blogs du Diplo
    > L'archaïque M. Valls, par Marc Laimé
  • Mai 2009 - Gwadeloup kont pwofitasyon

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    kont pwofitasyon- Là-bas si j'y suis

    Les émissions de " Là-bas si j'y suis"  sur la Guadeloupe

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    Guadeloupe : un papillon en deuilBarrages, protestations, le mouvement de grève s’intensifie en Guadeloupe.
    Rencontre avec Elie Domota, leader du collectif "LKP" (Lyannaj Kont Pwofitasyon) à l’origine du mouvement de grève, avec Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGT-G, et avec Alex Lollia, victime de la répression policière. 

    Pointe à Pitre, Guadeloupe : un papillon en deuil (2)
    Pointe à Pitre. Un mois après le début de la grève et malgré les annonces faites par le président de la République hier, les guadeloupéens restent mobilisés.
    Dans les rues de Petit-Canal, un long cortège accompagne Jack Bino, ce syndicaliste tué mardi devenu le symbole du mouvement de grève, vers sa dernière demeure.

    La Guadeloupe contre la pwofitasyon (4)
    Pointe à Pitre. Après trois jours de détente, et alors que les négociations ont repris hier, la grève se durci à nouveau en Guadeloupe.

    La Guadeloupe contre la pwofitasyon (5)
    Pointe à Pitre, cinquième semaine de grève générale.
    Les tambours continuent de battre et les slogans de fuser sur la place de la capitainerie du port autonome, où se tiennent les négociations.
    Pendant ce temps, un sondage BVA révèle que 78% des français soutiennent le mouvement de grève en Guadeloupe !
    Aujourd’hui avec Patrice Tacita, figure emblématique de la scène culturelle guadeloupéenne et porte parole du mouvement culturel et identitaire AKIYO, qui nous explique l’art musical Gwo-ka (créé par les esclaves et fondé sur le chant et les percussions) et revient sur l’idée d’autonomie et d’identité

    Plus le diable en a, plus le diable en veut La Gwadeloup contre la pwofitasyon (7)
    Aujourd’hui, retour sur le scandale du chlordécone.
    Le chlordécone, c’est un pesticide très dangereux qui a contaminé les terres des Antilles : 50% en Martinique, 1/5 en Guadeloupe. Interdit depuis 1976 aux Etats-Unis, il ne le sera qu’en 1993 aux Antilles françaises...
     
    Que s’est-il passé les 26 et 27 mai 1967 à Pointe à Pitre ? A en croire les archives de l’époque, pas grand chose.
    Pourtant, au cours de ces deux journées portées disparues de l’histoire, les services d’ordre français ont massacré des ouvriers du bâtiment en grève.
    Solange, qui fut témoin et victime de ces évènements, revient sur la mort de Jacques Nestor, militant très connu du G.O.N.G (Groupe d’Organisation Nationale de Guadeloupe) et l’une des premières victimes de la répression de l’Etat français.

    Du code noir au code barre - La Gwadloup kont la pwofitasyon (10)
    Après 44 jours de grève générale, c’est un conflit sans précédent qui prend fin en Guadeloupe, même si les négociations et la mobilisation continuent.
    "C’est une étape" affirme Elie Domota, porte-parole charismatique du LKP, "mais le combat continue". Du code noir au code barre, c’est une longue lutte pour la dignité que mènent les guadeloupéens, et pour une restructuration radicale d’un système qui fait d’eux "des tubes digestifs".

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  • Mai 1967, émeutes et massacres en Guadeloupe

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    " Lorsque les nègres auront faim, ils reprendront le travail !"

    "Ce fut le carnage et, durant trois jours, des dizaines de blessés furent transportés dans les cliniques et les hôpitaux de la ville. La préfecture annonça officiellement huit morts. Mais il y eut des disparus, on trouva des cadavres sur la ligne de chemin de fer qui conduisait la canne à l’usine Darboussier, située à la darse de Pointe-à-Pitre, près de la place de la Victoire et de la sous-préfecture. Les cannes sortant des champs y étaient acheminées par rails. Les militaires canardaient les maisons où se tenaient les veillées mortuaires et d’autres morts innocentes furent à déplorer. L’incompréhension était grande. La répression militaire visait indistinctement les gens de la population et les militants des organisations syndicales et politiques. Il suffisait d’être à Pointe-à-Pitre ce jour-là pour risquer sa vie et être blessé." LDH

    "...dans les mois précédents, des incidents racistes, une élection volée par des achats massifs de voix, et, en toile de fond, la misère des bidonvilles et un coût de la vie exorbitant pour des autochtones qui ne bénéficient pas, comme les expatriés blancs, de primes de vie chère. A Paris, Jacques Foccart, le sinistre «Monsieur Afrique» du général de Gaulle, a la Guadeloupe à l’œil : il est issu d’une riche famille de planteurs, et a grandi sur l’île. Quant aux services secrets américains, hantés par la perspective d’un nouveau Cuba, ils grenouillent dans les départements français des Caraïbes où couve une agitation indépendantiste." François-Xavier GOMEZ

    *

    Le 24 mai 1967, en Guadeloupe, en ces jours de commémoration de l’abolition de l’esclavage en France, débutait la grève des ouvriers du bâtiment qui réclamaient 2% d’augmentation et la parité en matière de droits sociaux.

    L’importance de la mobilisation et l'extrême tension pousse le patronat à convoquer  enfin une réunion de négociations pour le 26 mai à la Chambre de commerce de Pointe-à-Pitre. Y participeront, en présence de l’inspection du travail, la délégation syndicale de l' UCGT et la délégation patronale.

    Suite à l'ajournement des négociations, en raison de l’opposition du représentant patronal de la SOGOTRA, puis de l'arrivée de renforts de CRS devant la CCI et de l'ordre donné de tirer sur la foule, la situation dégénère vite.

    " Vendredi 26 mai, 20H00 : La décision est prise – par qui : Billote ? Foccard ?. – d’envoyer les "pots de fleurs" : jeeps militaires équipées d’une mitrailleuse. Cette décision se double d’un ordre clair : « Tirer sur tout ce qui bouge, qui est noir ou qui tire ses origines de cette couleur ». [2] Pointe à Pitre est en état de siège.

    Le massacre va alors virer à la boucherie

    Les artères de la ville sont dégagées ; plus aucun regroupement n’est admis ; badauds, passants, riverains essuient les rafales des meurtrières. Des centaines de guadeloupéens sont pris pour cible, mis en joue, blessés, mutilés, fauchés. Le jeune Camille Taret qui rentre du travail est abattu à deux pas du domicile de ses parents. Dans la nuit, la patrouille repasse alors que les parents et proches organisent la veillée : nouvelle rafale. Gildas Landre ne se relèvera pas.

    00H00 : un avion militaire en provenance de Martinique vomit d’autres assassins ; une nouvelle meute de militaires parachutistes français, chargée celle-ci de "finir le travail".

    02H00 du matin : Le silence se fait. Les rues sont vides, nettoyées de toute présence guadeloupéenne exception faite des quelques policiers et indics servant de guides aux chiens..." Filpac CGT

    Le lendemain, le 27 mai, les lycéens de Pointe-à-Pitre descendent dans la rue pour soutenir la lutte des ouvriers. De nouveau, les forces de l’ordre font usage de leurs armes...

    Le refus du patronat de prendre en compte des revendications légitimes dans une Guadeloupe miséreuse, la tentative de laisser pourrir la situation, le mépris de classe et de race, des provocations inutiles  et l'usage de la force entraîneront 2 jours d'émeute qui feront 87 morts (un  terrible bilan qui ne sera connu qu'en 1985, mais on parle aussi de 200 morts) et  qui seront suivis  d’une longue série de procès de Guadeloupéens.

    Quelques jours après les massacres, le patronat cédera : ce ne seront pas les 2% d'augmentation demandés mais 25 %...

    mai1967_photo001_300.jpg

     Quadrillage militaire de Pointe-à Pitre ;
    quartier Dubouchage, quelques jours après les événements, fin mai 1967.
    Coll. J.P. Sainton.

    > "La grève des ouvriers du bâtiment" sur le site de l'UGTG

    >  " 26 mai 1967 : à propos d’un massacre « oublié » en Guadeloupe" -  Fédération des travailleurs des Industries du Livre, du Papier et de la Communication Cgt

    > " La Guadeloupe n'a pas oublié"  Par Jean-Moïse Braitberg sur le site Backchich

    > Mé 67 en Guadeloupe: une répression coloniale de plus? Entretien avec Jean-Pierre Sainton. Site Dormira jamais

    > Quarante ans de silence et toujours pas de bilan authentifié,  par Béatrice Gurrey - Le Monde

    > Guadeloupe, mai 1967 : un drame français. Ligue des droits de l'homme

    > «Mé 67», la mémoire d'un massacre en Guadeloupe  - 2015 Libération.

     

  • En passant par la Guadeloupe : 14 février 1952

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    14 février 1952 : grève et repression en Guadeloupe

    En février 1952 eut lieu en Guadeloupe le mouvement revendicatif le plus important depuis les grèves de 1910

    Le 14 février 1952, dans la commune du Moule, les ouvriers de l'usine Gardel qui revendiquaient une augmentation de 2%  de leur salaire appelèrent à la grève.  Le mouvement fut réprimé dans le sang par les forces de maintien de l'ordre : sous " les mitraillages en enfilade de la gendarmerie, en pleine rue principale du bourg du Moule ", quatre Guadeloupéens furent tués ( Constance Dulac, Capitulin Justinien, François Serdot, Édouard Dernon )  et 14 autres Guadeloupéens furent blessés.

    Le mouvement social avait débuté en novembre 1951, dans le. nord de la Grande-Terre, suite à l'échec des négociations portant sur la fixation du prix d'achat de la canne à sucre et les salaires.

    " Là où la grève avait commencé, en novembre 1951. Les ouvriers réclamaient une augmentation du prix de la journée de travail afin que leurs salaires soient alignés sur ceux des Français. Forts de la loi du 16 mars 1946 qui assimilait les colonies à des départements, ils avaient cessé le travail. Au fil des semaines, le mouvement s'était étendu aux petits colons et aux planteurs, exigeant un meilleur prix de la canne à la tonne. " (Béatrice Gurrey)

    En janvier 1952, les fonctionnaires rejoignaient  le mouvement des ouvriers et des cultivateurs et réclamaient une augmentation des salaires. Une grève générale affectait alors les plantations et s'étendaient du Moule à Capesterre, Sainte-Rose et Anse Bertrand.

    > Le Moule, berceau de la canne à sucre et symbole de la Guadeloupe en grève Le Monde  - Béatrice Gurrey 2009

    > " Le rôle réel du gouvernement et du patronat dans les événements des Antilles " par Danielle Bleitrach - 2009


    le 14 février 1952 dans la commune du Moule

    Source  : Combat ouvrier

    3992716853.png(...)On se souvient aussi de ce 14 février 2009 où des dizaines de milliers de manifestants s’étaient retrouvés là, prés de la petite stèle élevée il y a quelques années en mémoire des victimesde cette énième tuerie perpétrée par les troupes coloniales contre des travailleurs. Nous étions en pleine grève générale dirigée par le LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon- unité contre la surexploitation) et ses 48 organisations dont l’ensemble des syndicats de Guadeloupe.

    La grève générale des travailleurs de la canne

    Le " massacre de la Saint Valentin " comme on nomma cette tuerie survenait dans le cours d’une grande grève des travailleurs de la canne : ouvriers d’usine, et travailleurs des champs (coupeurs de canne et amarreuses). Le mouvement fut déclenché au mois de novembre 1951 dans le nord de la Grande Terre. Les revendications étaient : 125 francs de l’heure (de l’époque) estimé comme salaire minimum par la chambre de commerce. Les travailleurs ramenèrent cette revendication à 100F/h  pour tous. Les petits planteurs réclamaient le paiement de la «ristourne». La ristourne était  une dette que les patrons sucriers devaient aux petits paysans. Car ces patrons attendaient de connaître le prix du sucre sur le marché international pour fixer définitivement le prix de la tonne de canne en Guadeloupe. La nouvelle récolte allait démarrer sans que les petits paysans soient payés pour les cannes livrées de la récolte précédente. On comprend donc  leur colère.
    De plus, en ce qui concerne les salaires des ouvriers, le gouvernement fixa le salaire minimum en Guadeloupe à 76F/h. Ce fut alors le déclenchement de la colère générale. En janvier 1952 les travailleurs de la canne reçurent le soutien des fonctionnaires qui réclamaient la revalorisation de leur salaire.

    La grève devint générale et illimitée dans toute l’île. Un «cartel» syndical dirigeait le mouvement, formé de la CGT avec Gargar, de l’union départementale CGT (ancêtre de la CGTG) avec Nicolas Ludger, de la CFTC avec Démocrite, du syndicat autonome des enseignants, du syndicat des médecins hospitaliers.

    Face aux patrouilles de CRS armés menaçants et provocateurs, les travailleurs répliquèrent, y compris par des petites bombes artisanales. Les patrons du sucre  jouaient la montre et le pourrissement de la grève.
    Le 11 février, les CRS prirent position dans la ville du Moule qui fut occupée militairement.
    Le 14 février 1952 un barrage fut érigé par les travailleurs à l’entrée du boulevard Rougé (rue principale du Moule) pour empêcher l’accès de l’usine Gardel aux charrettes à cannes. C’est alors que les troupes françaises tirèrent à vue sur la foule. Quatre personnes furent tuées : Constance Dulac (enceinte), Capitolin Justinien, Edouard Dernon, François Serdot. Il y eut aussi 14 blessés.

    Une tuerie préparée et organisée

    Comme toujours dans l’histoire du mouvement ouvrier de Guadeloupe et de Martinique, ces tueries étaient bien préparées entre Préfet, patrons et militaires. Il fallait réprimer - au besoin dans le sang.


    En février 1952, c’était d’autant plus vrai que le mouvement ouvrier était largement soutenu par le Parti Communiste Guadeloupéen (PCG à l’époque Fédération du Parti Communiste Français) qui comptait nombre de militants ouvriers, de cadres et de dirigeants syndicaux. C’était le cas par exemple de Nicolas Ludger. Et ce n’est pas un hasard si la répression sanglante eut lieu à Moule, fief du PCG et ville de son dirigeant d’alors et aussi fondateur : Rosan Girard. Ce dernier était un dirigeant et orateur charismatique. Il fut aussi maire du Moule et député, particulièrement apprécié par les travailleurs et les masses populaires. L’occasion était donc trop belle pour le pouvoir colonial qui en profita pour tenter d’intimider les travailleurs du Moule et faire reprendre le travail par la force des armes. Il fallait aussi faire porter aux militants communistes et à Rosan Girard la responsabilité des «désordres sociaux» voire même de la tuerie perpétrée par les troupes coloniales.

    Une grève historique

    Le vendredi 15 février 1952, le préfet Villeger, le même qui avait ordonné l’occupation de la ville du Moule, fixa le salaire de base à 88 F l’heure au lieu de 76 F. Et s’agissant des ristournes pour les cannes livrées par les planteurs en 1950 et 1951, il les fixa à 434 francs par tonne. Ce qu’il ne pouvait faire hier il put le faire le jour même de la tuerie.

    La grève de 1952 compte dans l’histoire parmi les trois plus grandes grèves  du mouvement ouvrier de  Guadeloupe : après celle de 1910 et avant celle de février 2009 par ordre d’importance !

     

  • Mode, fourrure et sadisme

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    Communiqué et pétition 30 millions d'amis

    FEAB9F27-03A9-4DAA-BAC8-ED47899E0665.png&sa=X&ei=t91LVdX7C8uwUdnPgKgB&ved=0CAkQ8wc&usg=AFQjCNEesSB1WfdND2VUzPR5brFFEhO7zAA l’heure où les maisons de couture viennent de présenter leurs collections pour l'automne-hiver 2015/2016, force est de constater qu’elles utilisent toujours plus de fourrure. La Fondation 30 Millions d’Amis dénonce le massacre de millions d’animaux pour alimenter ce commerce scandaleux… et inutile ! Signez notre pétition.

    On aurait tort de penser la fourrure « has been » : la voilà de retour ! Elle réapparaît de façon insidieuse sur les cols des capuches, à l’intérieur des chaussures, sur les revers de sacs à main. Plébiscitée par les marques fétiches des jeunes, elle a fait fureur cet hiver dans les vitrines... et un carnage chez les animaux. Et cette tendance n’est pas près de s’arrêter puisque les grandes maisons de couture prévoient encore d’utiliser sans retenue de la vraie fourrure dans leur prochaines collections.

     

     

    Pétition : 
    Pour la fermeture des fermes à fourrure en Europe,
    Je signe
    >>

    A l'attention des Ministres Français de l’Agriculture et de l’Environnement ainsi que du Président de la Commission Européenne

    En 2007, grâce à l’action de la Fondation 30 Millions d’Amis et à une pétition ayant recueilli 1.400 000 signatures, une prise de conscience des institutions européennes a permis la mise en place d’une réglementation stricte interdisant le commerce de fourrures de chiens et de chats en France et en Europe.

    Aujourd’hui la Fondation continue de dénoncer le massacre de près de 56 millions d’animaux par an dont 90 % sont dépecés pour fabriquer de simples garnitures de manteaux ou de chaussures. La fourrure redevient à la mode et de nombreux consommateurs n’ont pas conscience des terribles souffrances qui se cachent derrière leurs vêtements.

    J’associe donc mon nom à celui de la Fondation 30 Millions d'Amis pour vous demander : d’une part la fermeture des 6000 fermes à fourrure en Europe. Et d’autre part un étiquetage détaillé pour tous les produits en fourrure importés précisant le nom scientifique et vulgarisé des espèces animales, le pays d'élevage, la méthode de mise à mort (gazage, électrocution...) et le nombre d’animaux utilisés.

    Téléchargez la pétition Pour une fermeture des fermes à fourrure en Europe en PDF pour la signer et la faire signer autour de vous

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    Une industrie impitoyablement cruelle

    Visons, renards, lapins, castors, chinchillas, lynx, zibelines, coyotes, ratons laveurs, putois, sans oublier les chiens et les chats en Asie… Dans le monde, 56 millions d’animaux laissent leur peau chaque année pour garnir nos vêtements !

    Dotée d’une excellente réputation dans l’industrie des vêtements d’hiver, la marque Canada Goose est très en vogue chez les jeunes. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle serait la principale complice d’une industrie impitoyablement cruelle. Car derrière ses doudounes et ses capuches en fourrure se cache une sombre réalité : le piégeage des coyotes au Canada. Capturés à l’aide de pièges à mâchoires, les animaux restent coincés, mutilés, terrifiés et affamés pendant des jours durant, jusqu’à ce que les trappeurs les trouvent. Souvent, les mères rongeront leurs membres pour tenter de rejoindre leurs petits.

    Avertir le consommateur…

    Les animaux sont ensuite matraqués, étranglés ou abattus pour servir les commandes d’une mode sans pitié. Le président de Canada Goose, fervent défenseur de ses produits, affirme dans un courrier adressé à l’association PETA, que la fourrure de coyote tient beaucoup plus chaud que n’importe quel tissu synthétique et argue que le piégeage des coyotes est une coutume vieille de centaines d’années. Il ne voit donc nullement pourquoi ces pratiques seraient remises en question !

    Les associations de protection animale ne cessent de sensibiliser les consommateurs, souvent mal informés et complices, malgré eux, de ces atrocités. Peu d’entre eux ont conscience des terribles souffrances qui se cachent derrière un seul de ces manteaux. C’est donc à chacun de nous de sensibiliser notre entourage ! Car un bon consommateur est un consommateur averti.

    … le combat de la Fondation 30 Millions d’Amis

    Depuis de nombreuses années, la Fondation 30 Millions d’Amis sensibilise l’opinion publique à l’ignominie de cette industrie impitoyable… Elle souhaite, malgré tout, poursuivre le dialogue avec les marques et travailler avec elles de manière constructive afin de les convaincre que les consommateurs mieux informés, finiront par rejeter cette débauche inutile de vies. Son but est également d’encourager de nouvelles techniques qui épargneraient bien des souffrances aux animaux. Par exemple, la marque The North Face qui n’utilise pas de fourrure pour les cols de ses doudounes a mis au point une technologie de synthèse révolutionnaire : Thermoball permet en effet de remplacer le duvet, également source de cruauté.

    56 millions d’animaux sont massacrés chaque année pour garnir nos vêtements

    Sensibilisées à cette cause, de nombreuses marques comme Chevignon, Kookaï, Zara, H&M, Caroll ou Etam ont récemment annoncé la fin de la commercialisation des articles en vraie fourrure. Mais d’autres enseignes font la sourde oreille et continueraient à encourager ces pratiques cruelles telles Comptoir des Cotonniers, Aigle ou encore Napapijri.

    Considérés avant tout comme des marchandises et une source de profit, les pauvres animaux souffrent de conditions de vie misérables avant de connaître le pire des trépas. Pendaison, rupture de nuque, gazage, injection, empoisonnement... Tous les moyens sont bons pour tuer sans abîmer les peaux. Dans certains pays, les animaux sont électrocutés, subissant d’atroces brûlures internes avant de rendre leur dernier souffle. En Russie, l’abattage des renards s’effectue par empoisonnement au dithillinium, un produit qui paralyse mais ne tue pas, afin de faciliter le travail de dépeçage des éleveurs.

    Signez la pétition

    C’est pourquoi la Fondation 30 Millions d’Amis vous encourage à signer dès aujourd’hui sa pétition réclamant la fermeture des élevages d’animaux pour leur fourrure en France et en Europe. Et pour montrer enfin, le véritable visage de cette industrie sans pitié, la Fondation demande également, pour les produits importés, la mise en place d’un étiquetage détaillé précisant le nom scientifique et vulgarisé des espèces animales, le pays d'élevage, la méthode de mise à mort (gazage, électrocution...) et le nombre d’animaux utilisés.